écrire ses mémoire

Écrire vos mémoires, vous y pensez depuis quelques-temps. Vous hésitez devant l’ampleur de la tâche. C’est vrai, se pencher sur sa vie, sur son passé, sur celui de ses parents, n’est pas un acte anodin. 

Pourtant, si l’on en juge par les nombreux témoignages recueillis à travers rencontres et lectures, le jeu en vaut la chandelle. Les raisons de se lancer appartiennent à chacun. En voici cinq qui vous aideront peut-être à sauter le pas.

Raison #1 : Transmettre aux générations suivantes

Témoigner d’une réalité aujourd’hui disparue. Raconter son enfance. Partager ses expériences. Partager son quotidien avec son lot de succès et de difficultés. Telles sont les motivations fréquemment avancées par celles et ceux qui ont décidé d’écrire leurs propres mémoires ou celles de leur famille.

Pourquoi ? Pour transmettre des leçons de vie, ce que vous ou vos ancêtres avez traversé, expérimenté et finalement appris, et peut-être ainsi aider les autres.

Ainsi P. qui témoigne de la difficulté d’élever seule des enfants à une époque où seule l’autorité du père était reconnue et de sa capacité à ne jamais baisser les bras.

Pourquoi encore ? Pour permettre à vos lecteurs de mesurer les importants changements survenus au long du XXème siècle et les bouleversements que vous avez traversés.  

Ainsi G. qui raconte pour ses petits-enfants citadins son enfance dans une France rurale qui n’avait pas l’électricité ni l’eau courante.

Raison #2 : Rendre hommage à un ancêtre

Écrire ses mémoires, ce n’est pas forcément écrire vos propres expériences, mais celles d’un ou d’une ancêtre que vous avez connu.e, dont on vous a beaucoup parlé.e ou que vous avez découvert.e.

C’est peut-être un soldat tué pendant la première guerre mondiale ou qui en a ramené des blessures profondes. Il s’agit peut-être d’une famille qui a fui l’Espagne franquiste. Ce peut être un maçon creusois, un itinérant, qui a construit les immeubles hausmanniens. Ce peut être encore une petite bretonne du début du 20e siècle qui baragouinait à peine le français, devenue concierge à Paris… Et tellement d’autres histoires qui méritent d’être racontées.

Aujourd’hui, la mise en ligne de bon nombre d’archives (registres matricules, journaux d’époque, etc.) permet de donner corps à ces histoires, d’étoffer les parcours et de situer les évènements dans leur contexte.

écrire ses mémoires

Raison #3 : Renouer les fils et se projeter vers l'avenir

Coucher ses souvenirs sur le papier permet de les démêler et de créer du lien dans ce que vous avez vécu mais aussi avec ceux qui vous liront. C’est prendre le temps de vous retrouver, retisser le fil de votre vie pour avoir une vison claire de votre parcours. 

Écrire ses mémoires permet ainsi de mesurer le chemin parcouru. Ce travail de réflexion permet aussi de comprendre les liens entre les étapes et les évènements traversés.

C’est un moyen de faire le point, de se retourner sur ce qui a été accompli et envisager sur ce qui reste encore à accomplir. 

Raison #4 : Faire l'inventaire de son héritage familial

Mieux comprendre le fonctionnement ou les dysfonctionnements de la famille, et le rôle qu’on y joue ou qu’on nous y fait jouer. Entrevoir ce qui a déterminé nos choix qu’ils aient été lourds de conséquences ou anodins, telle peut être une des raisons de s’atteler à la rédaction de ses mémoires.

Faire cet inventaire demande de la rigueur, des recoupements, des descriptions précises, bref, un travail de mémoire intense qui permet de comprendre les relations de causalités, de trouver des clés et de se libérer du poids de l’héritage familial. 

Ainsi A. qui retraçant l’histoire de sa famille paternelle a mis en évidence le poids de la honte héritée d’une arrière-grand-mère partie faire la vie à Paris au début du XXe siècle et son impact sur la vie de son grand-père et de son père, jusqu’à sur la sienne.

Raison #5 : Prendre de la distance

Écrire est parfois un acte thérapeuthique. Vous avez vécu un évènement douloureux, un combat contre la maladie, une perte, une difficulté qui vous a forcé à prendre des décisions lourdes de conséquences. 

Écrire, faire le « récit de soi », c’est raconter sa version des faits. Et c’est ce qui fait la différence. Coucher la douleur sur le papier aide à la mettre à distance, à prendre du recul et à faire face au drame.

Ce sujet vous intéresse ? Prenez le temps d’écouter la conférence donnée par Boris Cyrulnik sur le rôle du récit de soi dans la reconstruction.